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Version complète : 16 Bits Vallent Mieux Que 8
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Miles!
Dans un précédent post, je vous ai parlé des avantages que présente le RAW, dont celui de pouvoir exporter ses photos par la suite, soit en Jpeg 8bits (le Jpeg ne supportant pas le 16 bits) ou en Tiff 16 bits (ou PSD).

Pourquoi exporter en Tiff 16 bits, alors que les fichiers sont deux fois plus lourds qu'en 8 bits?

-la première raison est que le Jpeg est, dès le premier enregistrement, destructif. A la qualité maximale, bien difficile de faire la différence, à l'écran, entre un tiff et un Jpeg. Mais voila: on ne se refait pas, et le fichier va certainement subir plusieurs interventions, chez vous, puis sur le bureau du DA, et enfin chez l'imprimeur. De manipulations en enregistrements succesifs, la qualité maximale d'enregistrement n'arrivera pas à contrer la dégradation de l'image: surtout au niveau des dégradés de couleurs.
-le tiff, qu'il soit 8 ou 16 bits, a l'aventage de ne jamais compresser le fichier: on peux l'ouvrir, l'enregistrer indéfiniment, sans dégats. Vos dégradés resteront clean (si tant est évidemment que vos corrections ne les aient pas affectés, ce qui est autre chose)

Maintenant, pourquoi en 16 bits?

Parce que le 16 bit comporte plus de 16000 niveaux par couleur, contre 256 en 8 bits. Ce qui veut dire qu'un dégradé de votre bleu Klein favori en turquoise sera incroyablement riche, dans les 700 fois plus de nuances. C'est le premier point.
Le deuxième point, c'est que toute intervention sur l'histogramme d'une photo va avoir une influence très dommageable sur les dégradés, en 8 bits.

Dans l'exemple ci-dessous, vous voyez une photo prise en raw, ouverte par camera raw, et exportée dans photoshop en TIFF 8 bits. Je n'ai fait qu'une chose: définir le point noir dans la palette des courbes. Vous voyez sur l'histogramme en gris la courbe d'origine, et en plus foncé, la nouvelle courbe de nivaux. Elle présente une forme caractéristique dite "en peigne". Concrètement, à l'écran tout va bien. Mais si vous imprimez cette image, vous verrez apparaître des cassures dans les dégradés, concéquence directe d'un histogramme en peigne. La correction a eu un effet très destructeur sur l'image, et des 256 niveaux initiaux, on est passé à un chiffre bien moindre.



Donc, s'il ne faut pas condamner le 8 bits, il est très important d'exporter ses fichiers RAW en TIFF 16 bits, de sauvegarder son image ainsi, APRES avoir réalisé toutes les corrections que l'on souhaite, et seulement alors, on peut également l'enregistrer en jpeg 8 bits, ainsi, l'histogramme aura résisté aux outrages de la retouche.

N.B. : Il ne sert à rien de gonfler un fichier 8 bits en 16 bits. ça ne reste que du 8 bits, mais codé en 16 bits, ce qui ne fait que doubler le poids du fichier, mais n'empêchera pas (du tout) l'apparition du peigne. Il faut travailler sur un fichier en 16 bits d'origine.
Miles!
Par contre, j'ai une question pour les imprimeurs :

Vous arrive-t-il de travailler avec des fichiers 16bits en CMJN?

Est-ce un plus pour vous si un photographe vous livre des fichiers photos en Tiff 16 bits, plutôt qu'en Jpeg 8 bits, que ce soit en Adobe RVB ou en CMJN?

Merci.
ded
Bonjour et merci Miles! pour ces infos wink.gif .

Si j'ai bien tous compris, il faut à la base une image à 16 bits : La conversion 8 bits ==> 16 bits ne sert à rien à part alourdir le fichier.
Par contre retoucher une image (en colorimétrie) en 16 bits c'est mieux, et au niveau de la reconversion en 8 bits (format plus conventionnel) ? Des pertes ?

Par la suite nous n'avons plus réellement le choix sur le format du fichier si nous avons sélectionné 16 bits ==> psd, pdf, Tiff...
L'imprimeur peut-il traiter des fichier bitmap 16 bits ? Les logiciels de mise en page ?
wink.gif

Miles!
Tu as bien compris : convertir une image 8 bits en 16 ne sert à rien.
Il faut partir d'un fichier 16 bits (tiff ou PSD, idéalement issus d'un fichier RAW) les travailler en 16 bits, les livrer tels-quels au DA ou à l'imprimeur, qui se chargera de le convertir dans le format qui lui convient.
Il faut rester en 16 bits le plus longtemps possible.

Il va sans dire qu'il est aisé de passer d'un tiff 16 bit en PSD 16 bits, il suffit de l'"enregistrer sous" le format voulu. Quant à passer au 8 bit au final, il suffit de faire sous photoshop image>mode>8 bit
ded
J'ai une autre question oompf.gif !!!!
16 bits c'est très bien mais en CMJN le spectre colorimétrique est bien plus restreint qu'en RVB par exemple : donc 16 bits en CMJN, je bloque un peu einstein.gif .
Miles!
Le 16 bits ne permet pas d'élargir le gamut de l'image: du Adobe RVB reste du Adobe RVB. Un euroscale coated 2 reste un eurscale coated 2. Et de toutes façons, rien n'est perdu ! Je suis souvent bluffé par ce que sont capables de réaliser de vrais chromistes, lorsqu'il s'agit d'optimiser une photo RVB en CMJN pour en tirer la quintescence !
La différence principale, c'est qu'à l'intérieur du gamut défini par l'espace colorimètrique, le 16bits augmente considérablement le nombre de couleurs disponibles, donc, augmente considérablement les nuances que l'on peut obtenir. Un dégradé de couleurs comportera beaucoup plus de nuances qu'un dégradé en 8 bits, où l'on verra apparaître des cassures de tons, parce que le 8 bits ne permet pas d'enregistrer toutes les nuances que comporte l'image, le 16 bit lui le peut. Si l'on voit des cassures de ton à l'impression, on peut parrier sans trop de risques qu'il s'agit d'une image 8 bits.

Miles!
Enfin, je voudrais ajouter que le 16 bits est de mieux en mieux pris en charge par photoshop. Dans la version 7, on ne pouvait pas faire grand chose, maintenant, avec la CS3, il n'y a pratiquement plus rien que l'on ne puisse faire subir à une photo 16 bits. Alors, à vos ram, galériens, sortez les DD externes d'un TO (on en trouve au prisunic du coin maintenant, entre un baril de lessive et un saucisson cochonou ! ) et faites du 16 bits !
claude72
CITATION(Miles! @ 21 Jan 2008, 17:22) *
-la première raison est que le Jpeg est, dès le premier enregistrement, destructif. A la qualité maximale, bien difficile de faire la différence, à l'écran, entre un tiff et un Jpeg. Mais voila: on ne se refait pas, et le fichier va certainement subir plusieurs interventions, chez vous, puis sur le bureau du DA, et enfin chez l'imprimeur.

Oui, normalement, tous ces différents acteurs de la chaîne graphique devraient savoir ce qu'est le JPEG, son utilisation, ses défauts, ses avantages...

... mais comme c'est rarement le cas, enregistrer des images en JPEG pour du print est à éviter (à mon avis... : effectivement comme tu le dis, à la qualité maximale la dégradation est invisible au 1er enregistrement, mais les problèmes vont inévitablement arriver au fur et à mesure des manipulations et des ré-enregistrement qui ne manqueront pas d'être faits par des gens qui n'ont pas compris ce qu'est le JPEG*)...

... ensuite, travailler sur des images JPEG avec des ré-enregistrements successifs relève (à mon avis) de l'incompétence ou de l'inconscience... (effectivement, chaque ré-enregistrement de l'image la dégrade un peu plus)

... et donc enregistrements successifs + print = hérésie totale !!!

Le JPEG est un format grand-public, qui, paradoxalement, n'est surtout pas à mettre entre toutes les mains, et qui dans l'absolu reste plutôt orienté web...

Perso, quand je travaille avec des photos numériques fournies par un particulier, donc en JPEG, je demande à avoir les fichiers directement sortis de l'appareil, sans qu'ils aient subi de manipulation de la part du client (si possible, j'aime bien aller les chercher moi-même directement sur la carte mémoire), et je les convertis d'abord en TIFF. Ensuite, on peut commencer à bosser dessus.



CITATION
-le tiff, qu'il soit 8 ou 16 bits, a l'avantage de ne jamais compresser le fichier: on peux l'ouvrir, l'enregistrer indéfiniment, sans dégats.

On peut aussi compresser une image TIFF, mais c'est une option qui n'est pas activée par défaut !
- en LZW, sans aucune dégradation, donc avec des ré-enregistrements possibles à l'infini sans dégradation,
- en JPEG, (depuis la version 7 de Photoshop, je crois) et avec tous les problèmes liés à la compression JPEG...

(alors qu'avec le format JPEG, la compression n'est pas une option désactivable : l'image est systématiquement compressée, et dégradée irrémédiablement et définitivement)



CITATION
Parce que le 16 bit comporte plus de 16000 niveaux par couleur

Exactement 65536 niveaux, soit 2 puissance 16.



CITATION
Par contre, j'ai une question pour les imprimeurs : Vous arrive-t-il de travailler avec des fichiers 16bits en CMJN?

Moi, perso, non... je suis déjà content quand j'arrive à avoir des photos en 8 bits pas trop dégradées par du JPEG... alors du 16 bits je n'ose même pas l'imaginer !!! De toute façon, les gens avec qui je travaille habituellement ne savent même pas que ça existe, et si je leur en parle, ils vont penser que c'est un gros mot...

...mais pour un imprimeur, une image 16 bits ne sert pas à grand-chose : normalement l'imprimeur n'a pas à faire de retouches sur l'image, et :
- le PostScript niveau 2 ne gère pas plus de 256 niveaux,
- le PostScript niveau 3 peut gérer 4096 niveaux dans les dégradés vectoriels à l'aide d'une routine supplémentaire, mais il me semble que (sauf erreur de ma part) il ne gère pas plus de 256 niveaux (8 bits) dans les images de type bitmap...

... et de toute façon, le nombre de niveaux imprimables dépend ensuite de la linéature et de la résolution utilisée au flashage :
- 150 lpi à 2400 dpi donne 256 niveaux maxi
- 175 lpi à 2400 dpi donne environ 189 niveaux maxi
- 175 lpi à 3000 dpi donne environ 294 niveaux maxi
- et 175 lpi à 3600 dpi donne environ 424 niveaux maxi

(et même en trame 175 lpi, ça reste du flashage à 2400 dpi en standard... donc 189 niveaux)



CITATION
Est-ce un plus pour vous si un photographe vous livre des fichiers photos en Tiff 16 bits, plutôt qu'en Jpeg 8 bits, que ce soit en Adobe RVB ou en CMJN?

Perso, du TIFF 8 bits me convient.

Même avec des photos qui sont faites parfaitement, il faut parfois les retoucher pour les adapter au papier utilisé... soit manuellement, soit automatiquement avec un profil ou un changement de profil...
... mais, si les photos sont faites parfaitement, cette retouche particulière est uniquement motivée par des impératifs techniques, et il est uniquement nécessaire de diminuer les forces pour éviter le bouchage de la trame, donc on va avoir besoin de diminuer les valeurs maxis : à partir d'une image qui va de 0 à 100%, on va la limiter à 97, ou 95 ou 90 % : on a plutôt besoin de compresser l'histogramme que de le dilater, donc peu de risque d'apparition de peigne !

En revanche, sur des photos un peu merdées, trop sombres, sous exposées, avec des dominantes colorées dans le blanc parceque la balance des blancs n'a pas été faite, il est nécessaire de "crever" les hautes lumières et d'éclaircir les ton moyens... et là on va dilater l'histogramme et obtenir un peigne... mais normalement, ça n'arrive pas sur des photos faites par des pros compétents, ça n'arrive que sur des photos de grand-public (ou de mauvais pros) qui sont de toute façon en 8 bit, et en JPEG... alors tant-pis...


Mais je pense que des photograveurs qui bossent sur des travaux (plus) pointus préféreront du 16 bits.



CMJN ou RVB ?... quand tu convertis ton image RVB en CMJN, tu lui assignes un profil colorimétrique CMJN, et par principe, un profil colorimétrique CMJN est lié à un travail d'impression, parceque pour Photoshop, une image CMJN est une image pour le print.
Donc, tu ajoutes à ton image des modifications en fonction (grosso-modo) :
- d'une norme d'encres CMJN : Europe (avec les profils euro truc) ou USA (avec les profils SWOP)
- d'une presse, en fonction de son engraissement et du TAC qu'elle est capable d'encaisser
- d'un papier, en fonction de son état de surface (qui détermine son engraissement) et de sa résistance mécanique et son opacité (qui déterminent le TAC qu'il est capable d'encaisser)...

... si il t'est relativement facile de savoir si tes images seront imprimées en Europe ou aux USA, je ne suis pas sûr que tu saches quel sera le papier utilisé, et quelles seront les caractéristiques des presses de l'imprimeur...

... alors tu peux :
- faire une conversion CMJN avec le profil par défaut de Photoshop, le Fogra27 de mer-de inadapté à l'imprimerie en général, et laisser les intervenants suivants finir le travail : mais ils auront tendance à laisser tel-quel, puisque c'est déjà fait et à dire que puisque l'image était déjà en CMJN, ils ont préféré laisser la responsabilité de la conversion au photographe qui l'a faite... et là, tu deviens le responsable en cas de problème sad.gif
- demander à l'imprimeur de te communiquer ses profils colorimétriques... mais pour ça il faut savoir qui va imprimer... et puis même : peu d'imprimeurs ont fait ce travail titanesque de caractériser leurs presses sur tous leurs papiers... (perso, j'en suis encore au stade de la préparation psychologique préalable wink.gif autrement dit, à me dire qu'il faudrait que je le fasse...),
- mais le mieux pour un photographe est de livrer les photos en RVB à un photograveur dont c'est le métier de gérer tout ça, ou à l'imprimeur qui sait faire sa photogravure en fonction de ses presses et de ses papiers, bref, à celui qui sera capable de faire le travail en ayant tous les paramètres nécessaires, ou celui qui voudra bien en prendre la responsabilité.



En revanche, j'aurais plutôt tendance à considérer comme une brelle incompétente ou un inconscient le photographe qui donne des images en JPEG pour un travail de print...
- une brelle si il le fait sans connaître les problèmes liés au JPEG,
- un inconscient si il donne des images dans un format qu'il sait destructeur à des gens dont on peut être sûr que certains ne sauront pas s'en servir correctement*...



* il faut toujours garder à l'esprit ce principe simple : si une connerie peut être faite, elle sera faite, à un moment où à un autre :
- par quelqu'un qui ne saura pas,
- ou par quelqu'un qui aura oublié,
- ou par quelqu'un qui croit qu'il sait mieux que tout le monde et qui fera la connerie volontairement en étant sûr que ce n'est pas une connerie ou que lui peut se le permettre parce qu'il est plus fort que tout le monde...
Miles!
(La connerie... je l'ai faite !
Quand j'ai acheté mon premier boitier numérique, en 2003, photoshop en était au n°7, il n'y avait encore rien pour ouvrir des raw. Le logiciel fourni avec mon boitier fuji ne faisait que convertir les raw en tiff. Et encore, il lui fallait une nuit pour convertir 2 GO de photos !!!! Donc, j'ai immédiatement laissé tombé le raw. Le tiff à l'enregistrement? 27 photos sur une carte de 1 GO, en 2003, une carte de 1 GO coutait 400 euros... sans parler du buffer de l'appareil, qui avait du mal à suivre. Donc, j'ai d'abord travaillé en jpeg.
Et ce qui devait arriver arriva. Gallimard fait un bouquin avec des photos que j'ai faite à cette époque ! La honte ! Des jpeg plutôt douteux.
C'est pourquoi j'ai acheté photoshop elements 3 des sa sortie, parce qu'il intégrait cmera raw, qui a été l'apport majeur de photoshop CS à la photographie.
Je regrète, je regrète vraiment !
cry.gif cry.gif shy.gif cry.gif oompf.gif)

Pour résumer, il vaut mieux livrer des photos en tiff 8 bits, d'après fichiers 16 bits d'origines, convertis en 8 bits au dernier moment.
Miles!
Claude, j'ai encore une question.

Lorsque je travaille mes photos, en tiff 16 bits donc, je finis toujours par image>réglages>niveaux, et j'indique dans les niveaux de sortie "3" pour le noir, et 253 pour le blanc, pour éviter d'avoir des applats de noir total, qui vont à l'impression avoir un bord marqué avec le noir contigü, et pareil pour le blanc, pour éviter les cassures et bords marqués. Pour mon imprimante, ça a résolu bien des problèmes. Mais pour un imprimeur, est-ce utile de le faire ou non?

Dawn®
Tout à fait d'accord avec ce qui est dit précédemment

Pour ma part, pour du livre d'Art en trame 175 à 2400 dpi, du Tiff LZW 8 bits (RVB ou CMJN) suffit emplement, voir même pour de la trame aléatoire.

En tout cas un grand merci pour toutes ces explications techniques Miles et Claude72.
claude72
CITATION(Miles! @ 22 Jan 2008, 08:08) *
Le tiff à l'enregistrement? 27 photos sur une carte de 1 GO, en 2003, une carte de 1 GO coutait 400 euros... sans parler du buffer de l'appareil, qui avait du mal à suivre.

Oui, la photo numérique était chère à l'époque... j'ai connu un photographe qui pour régler ce genre de problèmes travaillait avec un Mac portable en plus de son APN : en studio, l'APN était constamment branché sur le portable et il transfèrait les images au fur et à mesure, et pour l'extérieur il emmenait l'APN et le portable, et il vidait une carte mémoire dans le portable pendant qu'il remplissait l'autre dans l'APN, et vice-versa...



CITATION
j'ai d'abord travaillé en jpeg.

Ce n'est pas forcément une connerie de prendre des photos numériques en JPEG, mais il faut impérativement :

1- maitriser le JPEG : il y a simplement des règles à respecter, et si tu les respectes il n'y a aucun problème : tu prends tes photos en JPEG en réglant ton APN sur "compression minimum" (donc qualité maximum), tu les transfères dans ton ordinateur, et tu les convertis tout de suite en TIFF pour pouvoir les travailler,

2- et surtout, ensuite, comme tu sais que le JPEG est un format qui dégrade les images, et que tu sais que les autres ne le savent pas tous... il faut que ce soit toi qui anticipe les conneries que ces autres qui ne maîtrisent pas ou mal le JPEG pourraient faire avec tes images, et donc il faut que toi tu fasses en sorte de ne pas leur laisser la possibilité de faire la connerie de multiples ré-enregistrements en JPEG... et pour ça tu envoies les fichiers en TIFF, sur un CD...
... et surtout pas en JPEG par mél ! parceque si tu les envoies en JPEG, tu peux être sûr qu'un jour où l'autre, il y aura quelqu'un qui les laissera en JPEG tout au long du processus - comme c'est arrivé aux photos de ton livre.


Perso, comme je l'ai déjà dit, j'aime bien aller chercher moi-même les JPEG directement dans l'APN ou dans sa carte mémoire : comme ça, je suis tranquille, je suis sûr que les fichiers n'ont pas été bricolé et ré-enregistrés X fois...

... sinon, je demande les JPEG originaux non-retouchés, et sans ré-enregistrement, et je dis clairement que je me charge de tout le travail qu'il y aura à faire sur les photos : comme ça, le client sait qu'il n'a pas besoin de bidouiller ses photos, et donc il n'est (en principe...) pas tenté de le faire... Mais ça ne m'empêche pas quand-même de vérifier :

1- le nombre de pixels : normalement, toutes les photos doivent avoir le même nombre de pixels... si au milieu de 10 images 2304 x 3020 pixels, il y en a une qui fait 2045 x 3000, c'est qu'elle a été ouverte, recadrée et ré-enregistrée !

2- la date de création et de modification du fichier : si elles sont identiques, ou qu'il n'y a pas de date de modification, c'est que le fichier n'a jamais été ré-enregistré.
Si il y a une date de modification différente de la date de création, alors méfiance,
Si une photo nocturne est datée de 13h15, méfiance, il y a eu du bidouillage...
Si une photo avec des ombres très courtes, quasi verticales comme celles de midi, est datée de 22h35, méfiance, il y a eu du bidouillage...

3- le rapport de compression : je compare le poids du fichier sur le disque avec le poids réel des pixels dans Photoshop ("Dimensions de pixels" dans la fenêtre "Taille de l'image") : poids réel divisé par poids du fichier = rapport de compression.
Avec le JPEG, le rapport de compression varie en fonction du contenu : avec la même qualité de compression, plus il y a de vastes étendues de pixels quasi identiques (du ciel, de la mer, de la neige, un grand mur, une plage de sable, une route, etc.) plus la compression est efficace... donc ce n'est pas facile d'avoir une indication exacte du niveau de compression utilisé : une photo d'un personnage sur arrière plan de forêt dense, ou d'une foule dans une tribune sera moins compressée qu'une photo d'un avion en plein ciel bleu ou d'un bateau en pleine mer... mais grosso-modo, une compression qualité maximale donne un rapport de compression d'environ 3 à 6 fois, et plus le rapport de compression est élevé, plus la qualité est basse : par expérience, j'ai constaté que quand ce rapport de compression est inférieur à 8-10, la photo est utilisable.

4- et pour finir, la présence ou l'absence des "mosaïques" de 8x8 pixels du JPEG :


(copie d'écran à 600 % : les gros carrés sont les défauts amenés par le JPEG (les "mosaïques"), les tous petits carrés sont les pixels)

a- si je vois ces mosaïques du JPEG à moins de 300%, j'essaye de refuser la photo... je dis bien j'essaye... car au final ça reste le client qui décide !!!
b- si en zoomant à 300% dans Photoshop je ne vois pas de mosaïque, je pousse à 400% et je reviens à 300% :
• si les mosaïques apparaissent à 400% et restent visibles quand je reviens à 300% (parceque je sais qu'elle sont là à 400%, donc je les vois plus facilement après à 300%), c'est acceptable, mais c'est limite...
• si les mosaïques apparaissent à 400% et disparaissent quand je reviens à 300%, c'est bon,
c- si les mosaïques du JPEG ne sont pas visibles à 400% (ou plus), c'est bon.

Avec une compression qualité maximale, même à 3200% (zoom maxi de photoshop), on ne voit pas les mosaïques du JPEG.

Exemples : j'ai une photo JPEG dont les dates de création et de modif sont identiques : donc elle n'a pas été modifiée,
prise à 10h32 du matin pour une photo de jour : donc c'est cohérent,
sa "Dimensions de pixels" est de 19,9 Mo dans Photoshop, et le fichier pèse 3,2 Mo sur le disque : 19,9/3,2 = 6,2 : donc son rapport de compression est en dessous de 8 et la photo est ok au test des mosaïques : je sais que je n'aurais pas de problème avec cette image.

Ré-enregistrée en JPEG qualité maximale, mais avec un indice un peu inférieur : "11" au lieu de "12", elle ne pèse plus que 2,2 Mo, donc un rapport de compression de 9 et au test suivant les mosaïques commencent à se deviner à 600% : ça va encore.

Ré-enregistrée en JPEG qualité maximale, mais avec un indice encore un peu inférieur de "10", elle ne pèse plus que 1,4 Mo, donc un rapport de compression de 14,2 et au test suivant les mosaïques sont visibles à 300% : ça ne va plus.
claude72
CITATION(Miles! @ 22 Jan 2008, 08:27) *
Lorsque je travaille mes photos, en tiff 16 bits donc, je finis toujours par image>réglages>niveaux, et j'indique dans les niveaux de sortie "3" pour le noir, et 253 pour le blanc, pour éviter d'avoir des applats de noir total, qui vont à l'impression avoir un bord marqué avec le noir contigü, et pareil pour le blanc, pour éviter les cassures et bords marqués. Pour mon imprimante, ça a résolu bien des problèmes. Mais pour un imprimeur, est-ce utile de le faire ou non?

Dans l'absolu, oui c'est utile, ...

... mais si tu fournis des images RVB, ce n'est pas à toi de faire ce travail : c'est au photograveur qui va adapter tes images pour l'impression de faire ces modifications :
- sur l'image finale CMJN
- et en fonction (encore une fois), du papier, de la presse et des techniques de travail de l'imprimeur.



1- la correction sur le noir.

Dans le temps on utilisait 97 % maximum pour le noir... ça s'appelle "déboucher l'image".

Parceque sur un papier couché brillant, vers 94-95% et jusqu'à 99%, les points blancs de la trame deviennent tellement petits par rapport à l'énorme quantité de noir qu'il y a autour d'eux qu'ils finissent par se boucher et disparaître : tout simplement parceque pour imprimer la surface noire, il faut amener une énorme quantité d'encre, et cet afflux d'encre finit par ne plus faire correctement la différence entre ce qu'il faut imprimer et ce qu'il faudrait laisser blanc... alors les points blancs sont recouvert d'encre, ils sont "bouchés", l'image se "bouche" et tout ce qui est au-dessus de 95% devient noir à 100%. Et dans les dégradés, cette bande à 100% fait (comme tu le dis) un espèce de bord marqué.

Alors pourquoi 97% maxi, alors que ça commence à boucher vers 94-95% ? tout simplement parceque à la copie de la plaque, le 97% du film deviendra 94-95% sur la plaque, et on aura alors les bonnes valeurs de noir.



Pour pouvoir être imprimée, ton image en RVB va être obligatoirement convertie en CMJN ... soit elle sera convertie automatiquement par le RIP au moment du flashage, soit elle sera convertie manuellement par un opérateur plus ou moins spécialisé (photograveur ou exé ou graphiste)...

... mais dans tous les cas elle sera convertie selon les données d'un profil colorimétrique (dont on espère qu'il sera) adapté au papier, et à l'imprimeur ...

... et ce profil colorimétrique contient une information pour la valeur maxi du noir, et il va donc faire en sorte que la gradation du noir ne dépasse pas la valeur limite demandée : donc, normalement tu n'as pas à te préoccuper de ce problème.


C'est d'ailleurs un des problèmes du profil Fogra27 de mer-de livré avec Photoshop et activé par défaut : son noir maximum est à 100%, donc les images bouchent... et d'ailleurs la version suivante, qui est un peu mieux faite, a un noir maxi à 95%...

Mais pourquoi 95%, alors qu'il faut 97% sur le film pour avoir 95% sur la plaque ? (je fais aussi les questions, ça ne vous dérange pas ?)
Parceque ce profil est prévu pour fonctionner avec des systèmes modernes CTP, qui flashent la plaque directement sans film intermédiaire et donc sans copie du film sur la plaque et donc sans modification d'un 97 en 95 à la copie : avec un CTP, quand l'informatique demande 95% sur la plaque, il y a bien 95% sur la plaque !!!

Mais tout ça n'est vrai que sur un papier couché brillant... sur un papier "offset", l'image va commencer à se boucher vers 90%, et sur un papier journal ça bouche vers 80-85%... donc il faudra utiliser d'autres profils colorimétriques pour ces papiers... et les profils seront encore différents selon que l'imprimeur a un CTP ou une flasheuse film pour compenser les 3% perdus à la copie...


Mais si ton imprimante a des soucis avec des noirs trop forts pour des images qui sont pourtant correctes à l'affichage, normalement tu ne devrais pas toucher à ton image RVB : puisque le problème est un problème d'impression, il faudrait plutôt que tu interviennes au niveau de l'imprimante, et plus précisément sur son profil de conversion RVB->CMJN.



2- la correction du blanc

Dans le temps on utilisait 3 % minimum pour le blanc... pour éviter de "crever" les blancs, c'est à dire pour éviter d'avoir une zone sans aucun point de trame au milieu d'un blanc très clair.

Pourquoi ? parceque la copie du film sur la plaque n'éclaircit pas seulement les noirs de 2-3%... en fait, elle éclaircit tous les points de trame de 2-3% ! donc les points à 1 et 2% qui sont éclaircis de 3% disparaissent carrément ! et laissent un "trou" blanc, comme si l'image avait été crevée à cet endroit par un objet pointu. En revanche, en laissant toujours au moins 3% :
- les point qui devraient être à 1 et 2 % sont en fait à 4 et 5% sur l'image informatique, et on est sûr que à la copie de la plaque ils re-deviendront 1 et 2% et donc ne disparaîtront pas complètement,
- les zones à 0% seront à 3%, et à la copie de la plaque elles re-deviendront 0%.

Aujourd'hui, on fonctionne avec des CTP... et avec un CTP, quand l'informatique demande 0,39% sur la plaque, il y a bien 0,39% sur la plaque* !!! donc plus besoin de cette limite à 3% !
... sauf pour les imprimeurs qui (comme moi) travaillent encore avec des films et copient des plaques... : donc, encore une fois, ta correction du blanc serait à faire selon l'imprimeur et sa méthode de fabrication des plaques.


Mais si ton imprimante a des soucis avec les blancs pour des images qui sont pourtant correctes à l'affichage, normalement tu ne devrais pas toucher à l'image RVB : ton problème est toujour un problème d'impression, et donc c'est toujours sur le profil de conversion RVB->CMJN de l'imprimante qu'il faudrait intervenir.


* Pourquoi 0,39% ?...
Parceque avec une trame 150 lpi et une flasheuse à 2400 dpi, il y a 256 niveaux possibles...
... 256 niveaux pour 100% :
- le niveaux 0 correspond à 0%,
- le niveau 255 correspond à 100%
- et le 1er niveau non-blanc correspond à un point de trame fabriqué par un seul point de l'imprimante, soit un point de l'imprimante sur les 256 points possibles, une case remplie sur les 256 cases existantes, donc le rapport entre la surface de cette case et la surface totale des 256 cases est 1/256 x 100 = 0,3906%

(en fait, il y a théoriquement 257 niveaux possibles... mais comme le PostScript ne fonctionne qu'avec 256 niveaux, le 257e niveau disparaît mystérieusement je ne sais pas où...
... et si quelqu'un sait, j'aimerais bien avoir l'info !!!)



C'est aussi la même correspondance et le même calcul pour les valeurs affichées dans la fenêtre "Niveaux" de Photoshop : quand tu déplaces ton curseur sur :
- "3" ça donne un noir à 100 - (3 x 0,3906) = 98,828%,
- "253" ça donne un blanc à 255-2, donc à 2 x 0,3906 = 0,7812%
Dawn®
Chef... OUI, Chef...
Nickel tes explications Mr Claude, c'est génial

en partant d'un JPEG retranscrit automatiquement par le flux en CMJN isocoated v2, le blanc sort à 0,78 et le noir à 98,8 sur le fichier envoyé à la lessiveuse (CTP).
et ça sort mesuré sur la plaque de >0,5 et 0,8< à >98 et 99< suivant la fraicheur du bain, donc - de 1% de différence (quand on sait que pantone accepte jusqu'à 3% d'écart sur une trame lineaire en CTP).

CITATION
(en fait, il y a théoriquement 257 niveaux possibles... mais comme le PostScript ne fonctionne qu'avec 256 niveaux, le 257e niveau disparaît mystérieusement je ne sais pas où...
... et si quelqu'un sait, j'aimerais bien avoir l'info !!!)


Ché là qu'y est l'moteur d'l'ascenceur... Babache... grin.gif
sinon comment qu'tu veux arriver au 256ème étage ??? lol.gif
Miles!
Messieur,

un grand merci pour toutes ces explications !
Pour avoir été membre de deux forums auparavant, je peux vous dire que nul-part ailleurs j'avais ru ces explications qui sont pourtant fort importantes. Encore merci ! mojito.gif
claude72
CITATION(Dawn® @ 23 Jan 2008, 06:35) *
en partant d'un JPEG retranscrit automatiquement par le flux en CMJN isocoated v2, le blanc sort à 0,78 et le noir à 98,8 sur le fichier envoyé à la lessiveuse (CTP).
et ça sort mesuré sur la plaque de >0,5 et 0,8< à >98 et 99<

C'est autrement plus précis qu'un chassis de copie !!!
(en fait, tu as sur ta plaque ce que j'ai sur mon film... normal ça sort direct de la flasheuse !)

Moi, le 0,78 % je l'ai sur le film, mais il se volatilise à la copie ! le mieux que j'arrive à copier (pour ne pas dire à sauver...) c'est 2%... et encore...

... quant au 98,8 %, avec mes vieilles pétoires et mes papiers bizarres il y a longtemps que je suis à l'aplat !



CITATION
Ché là qu'y est l'moteur d'l'ascenceur... Babache... grin.gif
sinon comment qu'tu veux arriver au 256ème étage ??? lol.gif

J'adore ! Merci Dawn® pour ce moment de franche rigolade !



CITATION
Pour avoir été membre de deux forums auparavant, je peux vous dire que nul-part ailleurs j'avais eu ces explications qui sont pourtant fort importantes. Encore merci !

Je t'en prie... il suffisait de demander !
l'Orél...aïe
merci tout le monde, encore une fois, pour toutes ces explications..... mojito.gif

et vive logothequepixelart.png
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